2014-06-28

Valencia, pour bien terminer un voyage...

Après quelques semaines au Maroc, ça faisait du bien de s'arrêter un mois complet pour découvrir une nouvelle ville d'Espagne!... mouvementée, dynamique, ensoleillée, près de la plage... je pense qu'on a bien profité de Valence! 
Nous avons poursuivi notre pratique de l'espagnol en prenant quelques cours privés de conversation, et nous avons exploré la ville et ses environs sous toutes ses coutures.



Notre super appartement, situé dans le quartier artistique de Russafa... parfait petit pied à terre pour explorer la ville, malgré ses gros problèmes d'insonorisation... on pouvait entendre tout ce qui se passait dans la rue, jusqu'aux petites heures du matin. On se rappellera longtemps de la nuit de "las fallas", le 21 juin dernier, où notre rue fut bloquée et transformée en piste de danse jusqu'à 3h du matin (après un gros feu de joie pour débuter les festivités... on aurait pu se croire en pleine manifestation en ce jour de couronnement du nouveau roi d'Espagne)






Une des facettes inusitées de Valence: l'ancienne rivière "Turia", détournée et asséchée il y a plus de 50 ans à cause des nombreuses inondations qu'elle causait, pour être transformée en immense parc qui traverse maintenant la ville sur 15 kms.




La cité des Arts et des Sciences, située à l'embouchure de l'ancien fleuve Turia, est un impressionnant exercice d'architecture moderne qui abrite le musée des sciences et l'aquarium Oceanografic.




Le parc naturel d'Albufera, un peu au sud de Valence... une belle promenade en bicycle le long de la côte...


Le bio-parc de Valence. Un zoo aux allures de safari, admirablement emménagé en plein coeur de la ville. Malgré tout, on a trouvé un peu pénible de voir ces animaux habitués aux immensités des steppes africaines se retrouver en captivité sur un autre continent... on s'est promis que c'était le dernier zoo que nous allions visiter. La prochaine fois, on se déplacera nous-mêmes pour les voir dans leur habitat naturel!




Les environs de Valence méritent aussi le déplacement, nous avons loué une voiture pour un weekend en commençant par les magnifiques "natural springs" de Montanejos, à une centaine de kms au nord de Valence. 


Les "natural springs" de Montanejos



Plus populaire en ce chaud dimanche matin, la "Playa La Granadella" est une plage de galets située dans une petite crique au sud du village de Javea...


 Le mois de juin a passé à une vitesse folle... C'est aussi un peu surréaliste de savoir que notre aventure en Europe est maintenant terminée, 5 mois plus tard... Je pense que ça va nous prendre quelques mois de plus pour bien absorber et digérer les centaines de villes et sites visités depuis janvier. Aucun doute que ce voyage nous restera en tête encore très longtemps... 

2014-05-30

Marrakech... et post-mortem marocain!

Vraiment pas si pire que ça! 
Même conduire en ville pour rapporter la voiture jusqu’à l’aéroport fut facile et sans encombres. On a aisément contourné le kid qui cherchait à se faire quelques dirhams pour nous reconduire à l’hôtel (On connaît le truc! Ptit maudit!), puis, pour faciliter notre adaptation, on s’est réfugié dans les jardins de Yves St-Laurent, petit oasis de paix et de tranquilité, en plein coeur de la ville.




Mais étonnament, une fois lâchés lousses dans la médina juste à la porte de notre hôtel, on a trouvé le souk plutôt agréable, dégagé et tranquille… mis à part les mobylettes qui filent à toute allure dans les allées de la médina, on a eu du fun à magasiner sans se fairer aborder avec trop d’insistance, à se faufiler à notre rythme à travers les nombreuses ruelles du souk, qui semblent toutes aboutir à la grande place Jemaa-El-Fna où même les charmeurs de serpent, les dompteurs de singes et les dessinatrices de Henna (ces designs typiques qu’on retrouve sur les mains des femmes) semblaient nous ignorer…
 Ou bien Marrakech est carrément mollo, ou bien après un long mois nous étions enfin immunisés contre le harcèlement… (J’écarte l’hypothèse qu’on nous laissait tranquilles parce qu'on ressemblait à des marocains)




Après plus d'un mois, faut dire que le Maroc est un pays qui laisse perplexe. Ballotés entre l’exaspération et l’émerveillement, nous terminons tous les 4 notre séjour avec les mêmes propos contradictoires: On a fait un voyage mémorable, mais on ne remettera probablement plus jamais les pieds ici… 
Ce qui est difficile c'est que, chez nous, les inconnus partent avec le bénéfice du doute: les premiers rapports sont polis et respectueux, ici c’est l’inverse: on développe vite le réflexe de montrer les dents et bomber le dos dès qu’on se fait approcher, et on adopte la honteuse attitude d’ignorer les gens qui nous interpellent. Malgré le sentiment de culpabilité on comprend rapidement que c’est la seule façon de survivre: Chaque regard, chaque sourire, chaque pause dans notre démarche est une ouverture dont savent profiter les marocains qui sont passés maitres dans l’art d'amadouer l'occidental… et une fois pognés dans leur toile, impossible de s’en échapper sans perdre notre patience ou plusieurs dirhams.
Pour profiter de notre temps ici, il fallait donc constamment se ramener à l’ordre et désamorcer la paranoia qui nous consumait à chaque fois qu’un inconnu tentait de nous aborder. Dire “non merci” avec le sourire, mais en continuant de marcher… et à ceux qui deviennent un peu trop harcelants, tu leur balances la phrase qui tue: “je n’ai pas d’argent!”. Ça fait des miracles!
 Il y a donc deux façons de voyager au Maroc: en voyage organisé où tout rapport avec les locaux est évité ou aseptisé (ex: les seuls marocains rencontrés sont ceux des hôtels, tu envoies ton guide faire tes achats et bargainer à ta place, etc...), ou bien on fait comme on a fait: on se lance dans le monde et on espère que tout ira pour le mieux. 
 Malgré tout, je pense que la seconde option est la meilleure. 
 Le Maroc est toffe et souvent exaspérant, on revient le soir épuisé et frustré, mais j'aime mieux le voir comme il est vraiment plutôt que derrière une vitre teintée… je pense qu’un voyage où tout est beau, tout marche toujours bien, où tout est à l’heure et tout est meeeeerveilleux n’est pas un vrai voyage, ça veut dire qu’on a choisi la voie facile, celle tracée à l’avance pour répondre à nos standards de confort occidental. Rien à voir avec la réalité. (C'est plutôt la réalité des tout-inclus!)



Vers le désert... partie 2: de Merzouga à Marrakech

On était tous d’accord sur ce point: les ingrédients de la liberté, c’est d’avoir du temps et une voiture!
Nous avions encore quelques jours devant nous avant de ramener la voiture à Marrakech et comme en choisissant de prendre une autre route pour revenir par Ouarzazate, nous avions aussi le temps de couper le trajet en deux et de nous arrêter pour une nuit dans la ville de Nkob. 
Les guides touristiques ne disaient pas grand chose sur ce petit village de la Vallée du Draa. Tiraillés entre s’y arrêter ou poursuivre notre route, la découverte inattendue de l’incroyable hôtel Bara-Bara nous a finalement convaincu de rester.
Dans une kasbah plusieurs fois centenaire surplombant la vallée environnante, ce luxueux hôtel digne des milles et une nuits était légèrement au-delà de notre limite budgétaire, mais la magie de voyager en basse-saison c’est que tout est négociable! Le patron nous a rapidement fait un super prix pour la nuit, avec souper de couscous et déjeuner inclus… la journée s’est donc terminée, écrasés comme des pachas sur le bord de la piscine, avec le désir profond de prolonger éternellement notre passage dans cet endroit de rêve… 



















Traversée rapide de Ouarzazate, juste pour faire le plein de bières et de vin pour le souper (l’alcool est quasi introuvable au Maroc, ce supermarché du centre-ville est le seul complice de notre vice occidental à s’afficher sans remords), nous avons poursuivi notre route vers le village berbère de Ait Benhaddou, superbement préservé, un attrait incontournable sur la route du désert qui nous a étonné par l’absence de faux-guides et de vendeurs à pression… pour une des très rares occasions au Maroc, on pouvait prendre le temps de marcher et de se perdre sans se faire achaler… le bonheur! 
 On voyait ça presque comme une pause avant la folie de Marrakech qui nous attendait le lendemain. Spencer et Gillian avaient tellement eu une mauvaise expérience qu’on redoutait le pire, un genre de Fès exposant 10, avec son souk gigantesque dont il est impossible de sortir et les inévitables opportunités de se faire fourrer. À Suivre!





2014-05-28

Vers le désert... Partie 1: de Essaouira à Merzouga

À observer la façon de conduire des marocains, je me demandais si louer une voiture au Maroc était une bonne idée… Mais pour couvrir tout le territoire à notre rythme en suivant les petites routes secondaires hors des circuits trop touristiques, les voyages organisés ou le transport en commun dans les autobus douteux étaient hors de question. D’autant plus que Sara nous avait négocié un bon contrat de location pour 10 jours, à environ 30 euros/jour, divisé par deux couples, c’était une aubaine plutôt difficile à battre. 
 Avant de rentrer plus en profondeur dans le pays, nous avons longé la côte Atlantique entre Essaouira et Agadir, où nos quelques premiers arrêts dans les villages se présentaient tous comme des petits paradis de surf-board et de kite-surfing, pour la plupart plutôt déserts en ce début de basse-saison.




 Les distances entre nos étapes étaient courtes, alors on pouvait se permettre de s’arrêter souvent ici et là pour prendre un café, luncher tranquillement, et admirer les paysages incroyables (ou prendre en photo ces fameuses chèvres qui grimpent dans les arbres pour brouter… un spectacle bizarre, comme une version réelle du jeu “trouvez l’erreur”)








C’est entre les 2e et 3e étapes (entre Taroudant et Ouarzazate), à mesure qu’on s’éloignait de la mer, que le décor devenait lunaire, et parfois carrément martien… je me disais que ça allait finir par ressembler à Pluton une fois arrivés au désert: des immensités inhabitées de poussière et de roches où rien ne pousse et rien ne peut survivre est surréaliste. Malgré tout, il n’était pas rare de voir au loin un berger escorter son troupeau de chèvres ou de croiser un marocain faisant du pouce en plein milieu de rien, à des dizaines de kms du plus proche village… 



Ouarzazate, c’est un peu le Hollywood du Maroc, ou c’est bien ce qu’on veut nous laisser croire. Plusieurs films américains (Gladiator, Prince of Persia, etc...) ou français (Astérix et Cléopâtre) ont été tournés ici et les sets des films sont encore debout et parfois ouverts au public..
 Notre hôtel de Ouarzazate par contre est digne de mention. Le Ryad Bouchedor est un petit oasis de bonheur en plein centre d’un quartier en construction, avec piscine et chambre spacieuse, tenu par Hassan Bouchedor, un jeune marocain tellement connu dans le milieu touristique au Maroc que mentionner seulement son nom permet d’ouvrir des portes.
Ouarzazate est une ville remise à neuf et très populaire auprès des touristes qui débarquent de leur autobus climatisé, ce qui attire du même coup tous les magouilleurs et harceleurs professionnels qui sont la plaie du Maroc… on se surprend à marcher vite pour éviter ceux qui nous suivent sans relâche et on termine une autre journée avec l’envie pressante de quitter la ville et retrouver nos agréables plaines de cailloux et de poussière. 






Les routes sont généralement belles et bien entretenues, mis à part une portion lors de notre retour du désert, où les nids-de-poule avaient l’air d’avoir été causés par une pluie de météorites, j’ai pu conduire sans soucis, sauf dans les grandes villes comme Agadir et Ouarzazate où les multiples ronds-points donnent des maux de tête à tout le monde.





Une végétation étonnante  s’installe dans le creux des vallées qui tracent le chemin jusqu’au désert. Chaque parcelle de terrain imbibé d’eau est prise d’assaut par les palmiers, les argans et cactus et le contraste avec les montagnes de roches rouilles devient le paradis des photographes. C’est au cœur d’une palmeraie fraiche de la vallée du Dadès qu’on s’installe pour une dernière nuit avant de toucher au sable du Sahara.




On nous conseillait d’arriver avant la nuit à Merzouga, parce qu’avec les tempêtes de sable fréquentes à ce temps-ci de l’année et les routes peu éclairées, on aurait pu avoir quelques problèmes à trouver notre chemin… nous sommes donc arrivés sains et saufs à l’hôtel Palais des Dunes, tenu par nul autre que le frère de Hassan Bouchedor, pour une nuit tranquille avant de partir à l’assaut des dunes du Sahara, situées tout juste de l’autre côté de la rue. 


 Les rues du centre-ville de Merzouga, aux allures de far-west...



 Le Sahara exerce toujours cette même fascination et attraction. La couleur du sable qui change avec la position du soleil, la perfection des dunes sculptées par le vent, le silence complet et l’absence de mouvement est hypnotique. J’avais le goût de m’y lancer comme Laurence d’Arabie et dire oui à une excursion jusqu'à Tombouctou, 52 jours plus loin… mais après une heure et demie à dos de dromadaire, on chante une autre chanson, celle de “on arrive-tu bientôt?”




Gillian, Spencer et Anne... avant le coucher de soleil et la tempête de sable!



Peu de temps avant d’arriver au campement, en fin de journée, nous sommes débarqués de nos montures pour escalader la plus haute dune à proximité et observer le magnifique coucher de soleil.
 C’est probablement une expérience qu’il faut vivre au moins une fois dans sa vie: regader cette grosse boule rouge se cacher derrière un horizon de sable fin… manquait juste une petite coupe de vin rosé et, pour certains touristes assis tout près, une connection internet pour ajouter sur Facebook leur nouvelle photo de profil.
 Étrangement, dès que le soleil a disparu, le vent s’est mis à souffler fort. Arrivés au campement un peu plus tard (que je n’ai pas pu photographier pour éviter les particules de sable dans l’engrenage), un assemblage de tentes bédouines collées les unes autres, nos lits durs comme une bosse de chameau et le vent persistant ne pouvaient laisser présager une nuit tout à fait reposante: les nombreux trous béants dans les murs de laine laissaient entrer des bourrasques de sable qui nous réveillaient à chaque 5 minutes. C’était plutôt comique, très tôt le matin suivant, de voir nos lits et oreillers complètement recouverts de sable, les yeux gommés et la peau poussièreuse… on a retrouvé nos dromadaires pour le retour à la civilisation peu après le lever du soleil… 
(8 jours plus tard, j’avais encore de la poussière du Sahara collée dans le creux de la tête.)
Une aventure trop courte, trop hallucinante. 
Nous étions toujours sur le pilote automatique au moment de quitter le désert, en route vers notre prochaine destination, sur le chemin du retour…